D'emblĂ©e le prĂ©sident de la Chambre a soulignĂ© que l'assignation dĂ©livrĂ©e par NumĂ©ricable n'Ă©tait pas rĂ©gulière dans la forme, faute de viser correctement les moyens par lesquels la diffamation et le dĂ©nigrement auraient Ă©tĂ© commis Ă  son encontre, et aurait pu ĂŞtre contestĂ©e. Nous invoquions la prescription des articles litigieux dans la mesure oĂą plus de 3 mois s'Ă©taient Ă©coulĂ©s entre la mise en ligne des articles litigieux et l'assignation par Numericable (10 janvier 2007). Après un quart d'heure de dĂ©bat et un lapsus amusant qui dĂ©clencha quelques rires dans l'assistance ("voici ma pièce numĂ©ricable, pardon ma pièce n°4, pas ma pièce numĂ©ricable"), l'avocat de NumĂ©ricable a reconnu que la prescription Ă©tait acquise en matière de diffamation pour tous les articles mais a tentĂ© d'introduire par une subtilitĂ© une contestation sur la prescription en ce qui concerne… la couverture du Chardon qui oppose NumĂ©ricable Ă  l'Usine d'ElectricitĂ© de Metz (UEM), rĂ©gie municipale exploitant Ă©galement un rĂ©seau câblĂ©.

Sur le fond, NumĂ©ricable a reconnu que nous agissions dans le cadre d'une activitĂ© politique et de la dĂ©fense des intĂ©rĂŞts de nos concitoyens et que la sociĂ©tĂ© avait hĂ©sitĂ© Ă  entreprendre des poursuites, mais rapidement dans le dĂ©bat, le voile sur la vĂ©ritable motivation du cablo-opĂ©rateur s'est levĂ© : la cible est l'UEM, dont NumĂ©ricable conteste la prĂ©sentation favorable que nous en avons faite, ainsi que la proposition de Dominique Gros de remettre en cause la gestion actuelle du câble pour la confier Ă  l'UEM devenue une sociĂ©tĂ© d'Ă©conomie mixte.

NumĂ©ricable a en outre contestĂ© l'emploi du sobriquet "MisĂ©ricable", l'estimant injurieux. Nous avons fait valoir que ce terme relève manifestement du jeu de mot, comme pourrait l'ĂŞtre par exemple "NumĂ©ridicule" ; en outre, un site www.misericable.org existe depuis 2005 et recueille les plaintes des clients, sans avoir fait l'objet d'une action en fermeture de la part du cablo-opĂ©rateur. Par ailleurs, sur la diffamation, nous avons bien entendu offert la preuve de notre bonne foi, notamment par la production de pièces issues de l'abondante « littĂ©rature » concernant les dĂ©boires du câble. Les propos de Jean-Marie Rausch tenus dans le RĂ©publicain Lorrain du 22 aoĂ»t 2006 et contestant la transparence de NumĂ©ricable (tarifs, services) nous sont venus en renfort, ainsi que ceux du prĂ©fet de rĂ©gion, M. Lemas (« je vous promets qu'Ă  la PrĂ©fecture, ça ne fonctionne pas mieux qu'ailleurs ! Â»). Nous avons eu Ă©galement l'aide de M. Michel Besnier lui-mĂŞme, PDG de NumĂ©ricable, qui reconnaissait dans un courrier adressĂ© il y a quelques jours Ă  Michel Liebgott, dĂ©putĂ©-maire de Fameck, les problèmes de « fiabilitĂ© du rĂ©seau », « la rĂ©pĂ©tition d'incidents type "Ă©crans noirs" » et de service-client. Le Tribunal a pu Ă©galement constater de visu le contenu des manchettes des journaux messins le lendemain du quart de final de Coupe du Monde de Football : il "neigeait" sur les Ă©crans alimentĂ©s par NumĂ©ricable pendant ce France-Portugal. Au total, des dizaines et des dizaines d'articles tĂ©moignent de notre bonne foi.

Soulignons qu'il ne s'agissait nullement pour nous d'instruire le "procès" de Numéricable, mais d'assurer notre défense face à un ogre qui s'attaque à un petit poucet de la presse pour essayer de faire un exemple et redorer son blason à moindre frais en tentant d'obtenir une condamnation. Le jugement a été mis en délibéré jusqu'au 26 mars 2007.

Article du Figaro-Economie du 12 février 2007 concernant ce procès